Recommencer une énième fois.

 Recommencer une énième fois.
Finalement, je n'ai pas le courage de refaire la fic. Pas le courage, plus l'envie, plus le temps. Ce blog me servira sûrement à poster des textes sans rapport les uns avec les autres. j'en ai marre de devoir tout faire concorder. Ce blog ne sera peut être pas mis à jour souvent.


Et, sur ces bonnes paroles, elle s'en est allée.

# Posté le lundi 12 novembre 2007 12:20

Modifié le mardi 19 février 2008 12:19

Enfermés. Le voilà enfin, le voilà celui qui m'a pris tant de temps. Le voilà celui qui a prolongé mes insomnies, celui qui m'a donné envie de me lever et de rentrer chez moi. Le voilà mon adoré.

 Enfermés. Le voilà enfin, le voilà celui qui m'a pris tant de temps. Le voilà celui qui a prolongé mes insomnies, celui qui m'a donné envie de me lever et de rentrer chez moi. Le voilà mon adoré.
Elle se retourne.
00h03.
Elle étouffe. Elle transpire. Elle est fatiguée, à bout de force. Ses paupières se ferment, mais elle lutte. Elle a l'impression de sortir de plusieurs années de coma. Elle ne se rappelle plus.
Elle a peur, elle pleure.
Elle ne sait pas où elle est. Elle veut sortir, elle sait qu'elle est enfermée. Ne pas paniquer.
Elle cherche une porte. Elle n'en voit pas. Il fait trop noir. Il n'y a aucune issue. L'air est lourd. Elle entend la respiration des deux autres. Voilà bientôt deux heures qu'elle les écoute. Pour s'assurer qu'ils sont vivants. Qu'elle aussi, est vivante. Elle s'approche doucement d'eux.

" Hé... Hé! S'il vous plaît, réveillez vous... "


Elle tombe à genoux. Elle a très peur. Elle a trop chaud. Sa respiration devient sifflante. Elle chancelle un peu, et implore les autres de plus belle.

" S'il vous plaît... s'il vous plaît! Réveillez vous, je vous en supplie! "

Elle pleure beaucoup trop. Elle a soif. Elle est desséchée, déshydratée. Elle hoquette. Les larmes ruissellent sur son visage. Elle s'approche un peu plus des deux. Elle tâtonne le sol pour ne pas les cogner, et elle touche quelque chose, se met à la secouer.

" S'il vous plaît... s'il vous plaît! "


Grognement.

" Réveillez vous... réveillez vous! "


La personne bouge. Elle semble se lever et pousse un grave cri de stupeur.

" Qui est tu ?
- Je pourrais te poser la même question...
- Je m'appelle Tim.
- Et moi Chiara. "


Elle s'assied sur les fesses. Rester calme. Il faut avant tout rester calme. Elle ne peut s'empêcher de soupirer de soulagement; elle va enfin pouvoir tenter d'en savoir plus.

" Est ce que tu sais où on est?
- Aucune idée. Même si je savais je serais incapable de te dire tellement il fait sombre. A ton avis; on est là depuis combien de temps? "


Elle ne sait pas quoi répondre. Elle n'a aucune idée du temps qu'elle a passé ici, combien de temps elle est restée inconsciente, comment elle est arrivée. Elle sait juste qu'elle est là, enfermée, avec deux personnes qu'elle n'a jamais vues. Ses derniers souvenirs remontent au restaurant... Elle se souvient que les gens parlaient trop fort, elle avait mal à la tête. Et puis tout est flou, elle ne se rappelle même pas exactement ce qu'elle faisait là bas... Elle se souvient du noir. Total. Combien de temps a duré ce noir, à partir de quand, d'où, elle ne sait plus. Mais le noir, elle s'en rappelle. Et même très bien. D'abord les étoiles, des dizaines de points lumineux devant elle, qui lui font tourner la tête. Elle tombe. Le sol se dérobe sous ses jambes. le temps lui paraît infiniment long, puis elle s'écrase conte le sol. Et puis ensuite, le noir.
Elle change de position, elle s'allonge et replie ses genoux. Elle sent le regard du garçon sur elle.

" Je ne sais pas.
- Tu sais quel jour on est?
- Non.
- Et tu sais quelle heure il est?
- Minuit passé.
- Comme le sais-tu?
- Il y a un réveil posé là bas. "


Silence. Le garçon doit sûrement essayer d'apercevoir le réveil. Quelque chose bouge à côté de lui.

" Qui est ce ?
- Je ne sais pas.
- Dis moi...
- Oui?
- Tu as peur ?
- Oui.
- Moi aussi.
- Je ne sais pas qui tu es ni ce que nous faisons ici, mais on s'en sortira je te le promets.
- Merci. Souffla-t-elle "


La chose remua plus franchement à côté d'eux. Chiara aperçût le corps se lever et pousser un cri semblable à celui de Tim.

" Qui êtes vous ? demanda une vois tremblante.
- Chiara.
- Tim.
- Qu'est ce que... qu'est ce qu'on fait là?
- Je ne sais pas. Répondit Tim.
- Je... je ne me souviens de rien. "

Alors lui non plus. Elle pleura de nouveau. Pourquoi? Pourquoi Elle? Pourquoi eux? Où étaient-ils? Depuis quand? Elle sentit Tim se rapprocher. Elle posa sa tête sur son épaule. Elle avait besoin de contact humain.

" Je m'appelle Jack. Dit finalement l'autre."

Ils étaient donc trois, Tim, Jack et Elle, enfermés dans cette pièce à minuit passé, avaient visiblement été drogué et par conséquent, ne se souvenaient de rien.
Point important; ils ne se connaissaient pas.

" Bon écoutez, je ne sais pas ce qu'on fait ici, ni où nous sommes, ni rien mais je pense qu'on devrait essayer d'éclaircir tout ça, non? Tenta Tim au bout de quelques minutes de silence.
- Réfléchissez tout les deux, il faut que je dorme. Répondit Chiara d'un ton glacial."


Elle se retourne, ferme les yeux.

...

Elle ouvre un oeil. Puis l'autre. Elle a l'impression qu'ils sont restés fermés. Les garçons discutent. Elle remue un peu, se redresse et renifle. Elle a froid, elle est gelée. Elle souffle sur ses doigts pour les réchauffer. Elle entend les deux bouger.

" Bien dormi? Demanda une voix qu'elle identifia comme celle de Jack.
- Non.
- Pourquoi?
- A ton avis? On est enfermés ici de puis je ne sais combien d'heures, de jours, ou même de semaines peut être, j'ai froid, j'ai faim, j'ai peur et je ne vous connais pas. Je suis fatiguée, j'en peux plus. Qu'est ce que j'ai fait de mal, hein? Pourquoi moi, Pourquoi vous, aussi? Je veux sortir d'ici, je veux rentrer chez moi... j'en peux plus... j'ai...
- Je comprends...
- Non... tu comprends pas... j'ai... je suis...
- Tu es quoi?
- Je suis enceinte."


Le silence retomba. Elle avait honte de leur dire cela. Surtout dans ces circonstances. Elle entendit un des garçons tousser. Ils ne savaient pas quoi dire.

" Et... quel âge as-tu? Questionna Tim.
- 19 ans.
- Ah. Répondirent Tim et Jack en même temps.
- Écoutez, je sais que je suis jeune, trop jeune, que je devrais penser à mon avenir tout ça.... Mais j'y peux rien. Je peux pas le laisser.
- On a rien dit!
- Alors pourquoi vous me regardez comme ça?
- Comment peux tu voir de quelle manière on te regarde?
- Je le sens.
- Tu as raison, on te regarde "comme ça ".
- Pourquoi?
- Parce que c'est horrible.
- Oh! T'en fais pas un peu trop?
- C'est horrible de séquestrer une femme enceinte, c'est ce que je voulais dire."


Chiara se mit à pleurer une énième fois. Les hormones, le stress, la fatigue, elle était trop sensible. Elle sentit quatre bras l'entourer et s'effondra sur eux. Ses souvenirs se remettaient en place. Lentement, mais sûrement se disait-elle. Elle se rappelait vaguement être rentrée chez elle, en sortant du restaurant. Une fois arrivée, elle s'était préparé un chocolat chaud -elle détestait le café- quand quelqu'un avait frappé à la porte. Elle avançait vers l'entrée. Au fur et à mesure qu'elle s'en rapprochait, elle voyait plus distinctement une grande silhouette carrée, comme un frigidaire. Elle ouvrait la porte... et le flou recommençait.
Les garçons la serraient fort. Elle ne se souvenait pas avoir déjà reçu autant d'amour dans sa vie. Ils étaient là. Présent et Vivants. Cette étreinte la réchauffa peu à peu, et plus elle les sentait contre elle, plus les sanglots se faisaient rares. Sa respiration redevint régulière, bien qu'elle fût secouée de hoquets de temps à autres. Quelques larmes dégoulinaient encore sur ses joues.
Mais qu'avait-elle fait? Comment en était-elle arrivée là? Toute sa vie, elle s'était accrochée à l'amour, la beauté, allant d'un homme à l'autre, d'une vie à l'autre, sans jamais savoir vers qui elle se dirigeait. Elle se jetait dans les bras d'inconnus, les aimait, les quittait, et prenait une nouvelle direction. Jusqu'au jour où, PAF, elle était tombée enceinte. Jusqu'à aujourd'hui, où elle se jetait bel et bien dans les bras de deux inconnus. Mais ce qui était différent aujourd'hui, c'est qu'elle savait que jamais elle ne les oublierait. Car, contrairement à tous les gens qu'elle avait connu, ils étaient là, la tenaient dans leurs bras, lui caressaient la joue, lui parlait doucement. C'est de ces gens là dont il faut se souvenir: ceux qui nous tendent la main. pas ceux qui s'amusent à reculer au fur et à mesure qu'on s'approche d'eux, pour faire en sorte que la retombée dans l'eau soie plus violente.
Tim et Jack faisaient partie, à l'instant présent, de ceux qui tendent la main sans poser de questions, sans chercher d'explication, sans rien demander en retour.
Un des garçons, Tim vraisemblablement, posa sa tête sur l'épaule de Chiara et lui murmura à l'oreille:

" On te sortira de là Chiara. Je te le promets.
- Merci... merci les garçons. Répondit-elle. "


...

Il y a des jours où on préfèrerait rester dans son lit, pour éviter les contraintes de la journée. La travail, pour certains, les études, l'école pour d'autres. Et même une fois qu'on est réveillés, dehors, face au problèmes courant que la vie impose à chacun de nous, la pensée éphémère que l'on aurait en effet dû rester au lit vient à nous effleurer l'esprit. Alors on somnole, on fait semblant d'écouter, on ne prend pas garde aux gens qui nous parlent ou attendent une réponse à une question posée que l'on a pas écoutée. Et, au final, cela n'arrange en rien notre journée.
Mais Chiara, elle, n'agit pas comme ça ce matin là -bien qu'aucun autre élément que le réveil ne lui indiquât qu'il s'agissait bel et bien du matin. Elle se leva, tâtonna le sol pour ne pas heurter ses amis et s'assit dans un coin de la pièce pour réfléchir. Voilà bientôt 3 jours qu'ils étaient enfermés, 3jours qu'ils n'avaient pas vu la lumière du jour. 3 jours qu'ils n'avaient pas mangé. 3 jours qu'ils survivaient, assoiffés, desséchés, tremblants de froid. 3jours qu'ils tenaient bon, qu'ils se serraient les coudes. Ce matin là, donc, Chiara se mit à réfléchir. A comment sortir d'ici. Elle se doutait bien que la solution se trouvait avant tout dans le "pourquoi étaient-ils ici", mais à chaque fois qu'elle abordait ce point, elle perdait patience et espoir. C'est pourquoi elle passa tout de suite au chapitre "issue".
Il fallait d'abord examiner la pièce. Or, ils étaient plongés dans le noir complet. Ils ne sauraient donc rien de la pièce où ils se trouvaient.
Il fallait ensuite trouver un plan. D'évasion, comme on dit.
La première solution était de trouver une fenêtre de la briser.
La deuxième solution était de trouver une autre solution.
Elle soupira. C'était ri-di-cule. Elle retint une larme et inspira profondément. Ne pas craquer. Surtout pas.
Un bruit la fit sursauter; elle tourna immédiatement la tête. Quelqu'un était entré. Il y avait donc une porte, une issue quelque part. Elle essaya de localiser la respiration qu'elle entendait. La personne devait se trouver au fond de la pièce, à gauche. Elle se dépêcha de se lever et de courir dans cette direction. Elle heurta l'intrus de plein fouet et s'étala par terre.

" Aïïïïïïïïe! "

Elle se releva non sans mal et observa l'encadrement de la porte tant recherchée.
il y avait bel et bien quelqu'un.

" Qui êtes vous? "

Pas de réponse. L'obscurité ne lui permettait pas d'identifier la personne. Elle se rapprocha un peu plus.
Il se tenait droit, carré, comme un frigidaire. Chiara devinait qu'il la fixait.

" J'ai dit: Qui êtes vous? "

Toujours rien. Elle se rapproche plus encore, jusqu'à le frôler. Elle distingue ses yeux. Lançants un regard malsain. Transperçant. Elle reconnaît immédiatement ces yeux et pousse un cri. Tim et Jack se réveille en sursaut.

" Qu'est ce que tu... Qu'est ce que tu fais là? Souffla-t-elle, horrifiée."

Il ne bougea pas. Il semblait hésiter. Puis, il prononça ce mot, avec une lenteur exaspérante:

" Tim.
- Pardon? Lança une voix derrière Chiara; Tim s'était levé.
- Je veux que tu viennes avec moi.
- Répondez d'abord à la question de Chiara.
- Je vous demande pardon?
- Qui êtes vous? Répéta Tim.
- Elle ne vous a pas parlé de moi, ça m'étonne!
- Je ne comprends pas.
- Je suis l'auteur de l'immondice qui se développe en Elle.
- Je vous demande pardon?
- Je suis le père de l'enfant. Répéta l'homme. "


Tim était apparemment surpris, puisqu'il ne répondit rien. Mais il reprit calmement.

" Et que faites vous ici?
- Il y a des choses que vous n'êtes pas disposé à savoir. Maintenant venez avec moi. Acheva-t-il."


Tim suivi le père calmement. Chiara voulut le supplier de rester, de ne pas suivre ce monstre, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle était scotchée au sol, et n'arrivait plus à parler. Quelque chose se déchirait en elle. Elle se pliait de douleur, appréhendant le sort de son ami. Ce ne fut que lorsque l'homme lui cria de derrière la porte invisible:

" Tu sas ce que je veux Chiara; tu as jusqu'à 14h. "

Qu'elle se mit à hurler. Pour son ami. Elle insulta le père, d'ordure, de pourriture, de tous les mots qui lui passaient par la tête. Elle hurla aussi fort qu'elle put, à s'en arracher la gorge. Elle hurla jusqu'à sentir son cerveau bouillonner. Elle crut même qu'il allait imploser tellement ses muscles se contractaient. Mais elle continuait d'hurler, encore et toujours. Elle tambourina à la porte, la frappa, la cogna, comme s'il s'agissait du malfaiteur, elle y mit toute la force qu'elle put. Toute l'énergie qu'elle était encore capable de puiser au plus profond de son être remontait directement jusque dans ses poings, dans ses cordes vocales. Elle avait mal. Aussi bien physiquement que mentalement. Le bébé cognait trop fort contre son ventre, comme s'il avait senti la détresse de sa mère.
Au bout d'un long moment, elle cessa de crier. Elle s'effondra sur le sol et sentit les mains de Jack sur ses épaules. Elle sentit les larmes dévaster ses joues, ravager son visage.

" Ça va aller Chiara...
- Non... il a pris Tim... il..."


Elle ne put continuer tant les larmes obstruaient sa bouche, son nez, son visage.

" Qu'est ce qu'il veut ?
- Que j'avo-orte.
- Pardon?
- Il ne veut pas de l'enfant, il n'en a jamais voulu.
- Il boit?
- Oui.
- Il te battait?
- ...
- Chiara!
- Oui. "


Elle déglutit et ferma doucement les yeux. Tim était parti. Il l'avait pris. Elle devait choisir. Entre cet enfant et cet homme, cet ami qui lui avait tendu la main alors qu'elle coulait. Elle ne pouvait pas choisir. et faire les deux n'était pas possible. Elle pleurait de tout son soûl, probablement toutes les larmes de son corps, de son coeur.

" Je.. je ne peux pas Jack. Articula-t-elle non sans peine.
- Je comprends... ça va aller. Chuchota-t-il en la prenant dans ses bras.
- Non! Il va le tuer... il va le tuer!
- On s'en sortira, tous les trois.
- Tu comprends pas... il va le tuer, il va te tuer et j'y passerai et le bébé... le bébé...
- Chhht. Calme toi. Il faut qu'on sorte, on doit y réfléchir maintenant. "


Elle était fatiguée, elle n'en pouvait plus.

" Il faut qu'on sorte, maintenant.
- Mais comment veux-tu...
- Je ne sais pas. il y a quand même une chose qui ma tracasse.
- Une seule?
- Comment veut-il que tu avortes? Je veux dire, on est enfermés ici et...
- Oh mon dieu.
- Quoi?
- ...
- Qu'est ce qu'il y a?
- Il doit y avoir une boîte de médicaments quelque part.
- Je ne comprends pas.
- il veut que j'avorte ici, toute seule, sans assistance médicale, sans rien. Juste avec des médicaments.
- Mais tu ne vas pas...
- Non! Je vais lui dire que je l'ai fait. A ce moment là, soit il nous relâchera, soit on s'échappera quand il ouvrira la porte pour remettre Tim.
On courra. Vite, très, très vite. Et on partira loin, très loin tous les trois.
- Il y a quand même un problème; comment fait-on pour lui parler? "


Chiara marqua une pause. Ils n'avaient pas le temps de réfléchir plus que ça, s'ils ne voulaient pas que la vie de Tim soie encore plus menacée. Il leur faudra être rapide. Le temps leur était compté.

" Quelle heure est-il?
- 12h57.
- Nous avons moins d'une heure, on ne peut pas se permettre d'attendre 14heures si on ne veut pas que la vie de Tim soie en plus grand danger. On va chercher les médicaments et ensuite, on avisera, il faut se dépêcher. "


En effet, il se dépêchèrent de tâtonner, fouiller la pièce. Ils n'avaient pas beaucoup de temps, ils étaient fatigués et affaiblis. Leur seul plan ne tenait qu'à cette boîte, il leur fallait cette boîte. Il cherchèrent dans le noir 5 bonnes minutes, jusqu'à ce que Jack ne souffle :

"Je crois que je l'ai.
- Montre voir, approche le du réveil. "


Elle poussa un soupir de soulagement. C'était bien ça. Leur preuve était là. Évidemment, elle n'était pas valable, mais l'homme était sûrement soûl.

" Et maintenant?
- Je ne sais pas.
- Chiara... on a plus le temps...
- JE SAIS MERCI!
- Ne t'énerve pas...
- JE NE M'ENERVE PAS JE REFLECHIS!
- Ne crie pas s'il te plaît...
- CHUT! TAIS TOI! "


Le silence retomba. Chiara réfléchissait à toute vitesse, mettant toutes les parties de son cerveau en action, remuant tous les coins de son esprit, à la recherche du plan infaillible, qui n'existait probablement pas. elle y mettait bien trop de force, ses pensées n'étaient pas cohérentes, mais elle s'efforçait de réfléchir, encore et encore. Pendant un instant, elle crut perdre connaissance tellement les choses se bousculaient dans sa tête, mais elle reprit le dessus, sentant le bébé cogner dans son ventre.

" Alors?
- On y va. Je vais hurler, que c'est fait, comme je te l'ai dit tout à l'heure. On courra, très vite, on prendra le métro, on ira à Roissy et de là, on s'envolera pour Madrid.
- D'accord."


Alors Chiara hurla. Assez fort pour que tout le quartier l'entende.
Elle cria des paroles incohérentes.
Elle cria pour Tim, pour Jack.
Elle cria pour le bébé qui cognait en elle.
Elle cria pour leur avenir, pour leur vie, leur futur et pour tout ce qu'ils devaient encore vivre.
Elle cria de peur, de désespoir, de détermination et de haine.
Elle cria tout ce qu'elle pût, tout les mots qu'elle pût.
Elle cria jusqu'à épuisement, jusqu'à n'en plus pouvoir.
Elle cria de toute son âme, de tout son coeur. Elle y mit tout ce qui lui restait encore.
Elle cria jusqu'à sen arracher la gorge, les poumons, la bouche.
Et, au bout d'une dizaine de minutes, ses hurlements se stoppèrent.
On entendit des pas.

" Montre moi Tim. Dit-elle d'une voix qui se voulait autoritaire.
- Comment puis-je être sûr que tu l'as bel et bien fait?
- Tu ne peux pas. Mais ce n'est pas en restant derrière la porte que tu pourras t'en convaincre. "


Un cliquetis. Un poignée. Un grincement. Une porte ouverte. La liberté, à portée de main, la liberté bientôt. Chiara inspira profondément.
L'homme tenait Tim par le bras, celui ci semblait à peine conscient.
Et tout se passa très vite. Elle passa sous le bras de l'homme et se mit à courir, Jack la suivit. Elle vit Tim se débattre et se mettre à courir lui aussi, du mieux qu'il pouvait.
Elle couru à en perdre haleine, se retournant de temps à autres pour vérifier qu'ils étaient toujours là. Elle était harassée, ne respirait plus, mais courrait et courrait encore, tournant à droite, puis à gauche, jusqu'à ce qu'une voix lointaine ne crie :

" Chiara, arrête toi ou je le tue ! "


Elle obéit.

" Maintenant fais demi tour et reviens vers moi.
- NON!
- Je vais le tuer Chiara, tu le sais très bien!
- NON!
- 1...
- ARRÊTE!
- ...2 ...
- TIM!
- ... 3! "


PAN. Un coup de feu. Un énième hurlement. Un corps tombant mollement à terre.
Des larmes ruisselaient sur son visage. Il était parti. Il l'avait tué. Elle refusait d'y croire. C'était sa faute. Ce n'était qu'un cauchemar, elle allait se réveiller d'un instant à l'autre. Elle sentit Jack la soulever. Elle le vit s'approcher d'eux, elle sentit ses mains lui agripper les cheveux. Elle le mordit.
Ils eurent juste le temps de monter des escaliers, de sortir. De respirer. Enfin. Ils ne se regardèrent pas, non pas encore. Ils eurent juste le temps de courir, de s'engouffrer dans le métro, de frauder, d'arriver à Roissy, de courir encore, de pleurer aussi. Tout juste le temps d'acheter les derniers billets pour Madrid. Seulement deux billets. Ils eurent tout juste le temps de s'envoler. D'être libre. De se regarder, pour la première fois. De sourire. Malgré la haine, malgré la souffrance. Malgré leurs yeux boursouflés et leurs larmes. Malgré leur peine, leur peur. Ils se sourirent.
Chiara était grande et brune. Elle avait les cheveux très courts. Et de grands yeux verts émeraudes. Et le nez parsemés de tâches de rousseurs. Elle avait le ventre arrondi par 5 mois de grossesse. Elle était belle. Pas seulement physiquement. Sa force de caractère et sa sensibilité la rendaient belle.
Et Jack, il était plus petit et plus frisé. Ses yeux bleus océans et ses dents blanches comme la porcelaine le rendait charmant. Réellement charmant.

" Chiara?
- Oui?
- Pourquoi ne m'as-tu pas dit son nom? "


Elle tenta de sourire, mais ses yeux s'embuèrent trop vite.

" On oublie plus vite ce dont on ne sait rien. "

Ce n'était pas totalement vrai. Ni totalement faux. Il y a des choses, des gens même, très importants, dont on ne sait strictement rien dont on se souvient toute sa vie. Mais Chiara avait choisi de ne rien leur dire, comme pour oublier elle même.

" Jack?
- Oui?
- Merci. "


Et elle s'endormit.

# Posté le vendredi 16 novembre 2007 14:04

Modifié le samedi 28 juin 2008 12:24

Rédaction de Français du 10.09.07

 Rédaction de Français du 10.09.07
Ce sera donc en France, dans la capitale plus exactement, que nous irons trouver ce quartier des plus modestes, et, plus précisément encore, cette maison. Cette maison calée entre ces deux immeubles dépravés, cette petite maison aux façades enduites de chaux et dont les volets bleus battaient au gré du vent glacial de décembre. Précisons donc que nous étions à l'aube du 12ème jour du mois de décembre de l'an 1846 et que le vent cognait dur aux fenêtres des Parisiens. Pour en revenir à notre maison, elle était des plus provençales et paraissait incongrue dans ce paysage urbain et froid. Ses balconnets abondaient de pensées, tulipes et autres fleurs de toutes sortes et de toutes couleurs; la toiture était en brique rouges et la porte en bois d'olivier. Dans cette charmante petite maison, une charmante et frêle jeune fille vivait.
Cette frêle et jeune fille était donc assise là, sur le rebord de sa fenêtre, ce matin d'hiver. Et ce matin, voyez vous, comme tous les matins, elle se sentait seule. terriblement seule. Une des ces solitudes qui part du coeur, qui remonte jusqu'aux yeux et qui fait pleurer.
Et bien, ce matin-là, cette jeune fille décida que ce temps était révolu.

# Posté le dimanche 18 novembre 2007 11:19

Modifié le mardi 19 février 2008 12:20

Avoir un mari tout maigre et un fils tout roux et tout plein de cerne. Être commentatrice people et romancière tragique à mes heures perdues. Marine n'a pas chômé à mon sujet ( L )

 Avoir un mari tout maigre et un fils tout roux et tout plein de cerne. Être commentatrice people et romancière tragique à mes heures perdues. Marine n'a pas chômé à mon sujet ( L )
" Tu vas bien? "
Pas de réponse. Elle la serre plus fort contre elle, si c'est possible.
" Tu m'as manqué."
Toujours aucune réaction. Elle desserre son étreinte. Enfin. L'autre respire. Elle étouffait, là, dans ces bras trop chaleureux, trop beau, trop réconfortants. Dans cette espèce d'amour dégoulinant à en être ridicule, dans ce parfum sucré et fruité à en vomir, dans les bras de cette immonde femme plus que répugnante.
Répugnante par son amour soudain. Cet amour qu'elle avait laissé, cet amour qui lui avait tellement manqué, à Elle. Cet amour qui l'écoeurait plus que tout.
10ans. Elle l'avait abandonnée 10ans, pour revenir et la serrer dans ses grands bras trop parfumés. Elle l'avait laissé se débrouiller, elle l'avait abandonnée lâchement, et elle revenait lui briser un peu plus sa vie.
Aujourd'hui, dans cette gare inondée de monde, on lui disait que cette femme devant elle était sa mère.
Un sourire trop heureux, des bras ouverts. Sa tête lui en tournait. Comment pouvait-on délaisser quelqu'un et venir le reprendre 10 après? Elle se sentait comme un objet usé, qu'on vient reprendre une fois qu'il est réparé, pour le briser à nouveau.
Elle avait beau chercher, en y mettant toute la bonne volonté du monde, elle ne trouvait pas ce qui pouvait expliquer une telle immondice.
Cette femme lui promettait à nouveau des merveilles, lui disait que rien ne les sépareraient plus et qu'elles vivraient heureuse et ensemble pour toujours.
Elle se fit violence pour ne pas repousser cette étreinte trop maternelle, pour ne pas hurler que jamais elle ne vivrait avec cette atrocité de la nature, cette femme méprisable au sourire aimable et aux yeux faussement réjouis. Au contraire, elle supporta jusqu'au bout cette torture, prenant sur elle-même comme elle savait si bien le faire.
" Lys ma chérie, ça ne va pas?"
Haut le coeur. Les larmes lui en montaient aux yeux. Ma chérie. Pour qui se prenait cette femme venue de nulle part? De quel droit osait-elle l'appeler Ma chérie? Lys déglutit à nouveau, et tint bon. Elle tenta d'afficher un visage plus que morose, ce qui fonctionna apparemment.
"J'ai fait quelque chose de mal?
- Tu m'as mise au monde.
- On fait parfois des erreurs dans la vie et...
- Ta vie est une erreur maman. "

# Posté le lundi 19 novembre 2007 13:16

Modifié le samedi 23 février 2008 05:19

on dit comment déjà? La réciproquitude? Non, ça doit pas être ça.

 on dit comment déjà? La réciproquitude? Non, ça doit pas être ça.
La jeune fille enfonça ses mains dans ses poches, son nez dans son écharpe et soupira de bonheur.
Le garçon était là, à l'arrêt de bus, comme promis. Elle s'approcha un peu plus. Il était beau. Il sourit un peu et l'embrassa furtivement sur la joue.
Pourquoi? Pourquoi cet écart? Ils savaient tous deux pourquoi ils étaient venus. Alors pourquoi, hein?
" J'avais peur que tu ne viennes pas." Souffla-t-il
Les joues de la filles rosirent.
" Et pourquoi je serais pas venue, hein? Dit-elle en souriant.
- Je sais pas... comme ça."
Ils se mirent à marcher côte à côte, s'amusant de la fumée de leur souffle. Leurs mains se frôlaient mais aucun d'eux n'osait prendre celle de l'autre. Après tout, rien n'était encore sûr.
Ils marchèrent encore cinq minutes, vers la gare, là où elle aimait bien traîner l'après midi. Ils s'assirent sur un banc en pierre et elle ramena ses genoux contre sa poitrine.
" T'as froid?
- Ouais.
- Viens là. "

Il leva le bras et elle se blottit contre lui.
Ben voilà. Ct'ait pas si compliqué.

# Posté le lundi 19 novembre 2007 13:26

Modifié le samedi 23 février 2008 05:20